Partager l'article ! Lilith, une déesse dévoilée: La première mention de Lilith provient d'une t ...
La première mention de Lilith provient d'une traduction de Samuel Noah Kramer de la tablette XII du mythe Gilgamesh, Enkidur et le Kur (Oriental Studies 1963 et L'Histoire commence à Sumer page 280 et suivantes). Lilith dont le nom sumérien mentionné est ki-sikil lil-là, soit une créature du ki et non de l'air (lil=air), vivait dans un arbre huluppu, sur les bords de l'Euphrate, que la déesse Inanna sauva des eaux en le plantant dans son jardin sacré à Uruk.
Cette tablette ne fait état d'aucune démone ni des influences maléfiques attribuées ensuite à cette kisikillila. Ainsi qu'on le constate régulièrement, les sémites qui reçurent la culture sumérienne non sémite opérèrent une assimilation et un syncrétisme au cours desquels des noms subirent des transformations ainsi que des attributions de pouvoirs totalement imaginaires. C'est ainsi que Samuel Noah Kramer mit en évidence dans son livre que 7 poèmes sumériens parlant de Gilgamesh servirent de trame à l'Épopée de Gilgamesh écrite 1000 ans plus tard par les Babyloniens, racontant des histoires différentes des textes primitifs ayant servi de squelette et de scénario.
Il en est de même pour ki-sikil lil-là dont s'emparèrent les hébreux plus de 1000 ans après la rédaction de la tablette XII du mythe Gilgamesh Enkidu et le Kur en lui donnant l'apparence de la première femme avant Ève.
Un repère temporel est nécessaire pour replacer les éléments à leur place. L'Ancien Testament des Hébreux fut rédigé entre -700 et 400 lors de l'asservissement des Hébreux cananéens par les Babyloniens. Depuis cette époque et la filiation résultant des apports dans les canons de la croyance issue des enseignements de Jéshua le prêcheur dans le christianisme, le mythe de Lilith s'est transmis sur une durée de temps d'environ 2700 ans.
Or ce n'est que depuis le XIXe siècle après J.-C., avec les traductions de Grotenfeld et les travaux des assyriologues et sumérologues en 150 ans environ, que l'on découvre des emprunts mythologiques des peuplades sémitiques à la culture sumérienne. Le plus célèbre ayant été le mythe du Déluge, dont l'on sait désormais que cette histoire fut écrite pour la première fois 3500 ans av. J.-C., bien avant que n'apparaisse la tribu des Hébreux, dont la première trace remonte à -1200 sur les stèles de Mérenptah.
Ce long détour pour dire que la Lilith des écrits hébreux n'a aucun lien avec la ki-sikil lil-là sumérienne.
Diverses étymologies sont envisagées:
l’association non pas avec « nuit » mais avec « vent », ainsi l’akkadien Lil-itu est un emprunt du sumérien lil, « vent », en particulier de NIN.LIL « Dame du Vent », déesse du vent du Sud (et épouse d’Enlil) et itud, « lune ».
Les autres étymologies ci-dessous renvoient à des notions différentes, sans aucun rapport avec le mythe "Inanna et l'arbre huluppu" écrit sur une tablette retrouvée à Ur, cité des ancêtres des hébreux anciens - dont Abraham et Terah son père qui faisaient partie intégrante d'une civilisation Sumero-Akkadienne - publiée en 1930 par C.J. Gadd du British Museum d'un poème sumérien original datant d'au moins -2000 av. J.-C. selon la datation de SN Kramer. Tel est le premier texte retrouvé faisant état d'une ki sikil (jeune femme) lil-là (aérienne). L'assimilation de ce mythe, par la culture sémitique donna lieu ensuite aux exploitations connues sous le nom de Lilith.
Souvent représentée avec des pieds de chouette, ou associée à la chouette, Lilith s’enrichit de symboles de sagesse, savoir, clairvoyance, intuition, initiation, vigilance. Elle est reliée aussi à la Lune, à la nuit (de part son étymologie).
Son association avec le serpent, loin d’être conforme à l’imagerie chrétienne, rappelle son origine chtonienne et son savoir caché.
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